Le bouvreuil pivoine

Chaque mois, Michel Brugière vous propose un article dédié aux oiseaux de notre commune.  

  

 

Le bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula)

 

Le Bouvreuil pivoine ne fascine pas seulement les ornithologues :
« Au Japon, il est considéré comme un porte-bonheur. Selon une vieille croyance, ces oiseaux seraient capables de protéger les maisons et leurs habitants du malheur. »

 

 

 

Classification

  • Ordre : Passériformes
  • Famille : Fringillidae
  • Longueur : 14 à 16 cm
  • Envergure : 28 cm
  • Poids : 21 à 38 g
  • Longévité : 6 à 8 ans (cependant, l’espérance de vie moyenne est d’environ 3 ans)

 

Plumage

Le plumage du dos est gris ; les ailes, la queue et le dessus de la tête sont noirs. Le croupion est blanc.
Le mâle se distingue par ses joues, sa poitrine et son ventre rouge rosé. La femelle arbore une poitrine plus terne, gris-orangé ou beige.

  

Corps

Cet oiseau possède un bec noir, court et puissant, ainsi qu’une forte carrure.
Sa silhouette toute en rondeur et son naturel paisible lui confèrent une allure débonnaire, que confirment ses mouvements lents et mesurés ainsi que son comportement très pacifique vis-à-vis de ses congénères.

  

Alimentation

Le Bouvreuil pivoine se nourrit presque exclusivement de graines et de bourgeons. Il trouve principalement sa subsistance dans les arbres, dont il prélève les semences, notamment celles des bouleaux, charmes, aulnes, lilas communs, érables et frênes.

Il consomme également les graines de résineux, dont il décortique aisément les cônes, ainsi que celles des plantes herbacées (armoise, ortie, séneçon, pissenlit) et celles contenues dans les baies sauvages.

Les bourgeons qu’il consomme sont en priorité ceux des arbres fruitiers.

Il se nourrit souvent en couple ou en petit groupe, à la lisière d’un bois ou d’une haie. Il disparaît rapidement si l’on s’approche. Visiteur régulier des petits jardins, surtout dans les régions riches en vergers, il reste très discret, à l’abri de la végétation.

En hiver, il consomme les fruits secs et charnus des sureaux, églantiers, sorbiers et autres plantes ligneuses qui l’attirent dans les parcs.

Avec son bec puissant, il ouvre l’enveloppe des graines et en avale le contenu. À la fin de l’hiver, lorsque les fruits se font plus rares, il se tourne vers les bourgeons des arbres à feuillage caduc.

 

 

 

Comportement

Le Bouvreuil pivoine est diurne et peu territorial. Il défend sa zone de nidification, mais pas un territoire étendu.

La formation des couples et la parade nuptiale ont lieu toute l’année, sauf pendant la mue. Pendant la saison de reproduction, les couples et les familles restent isolés. À la fin de l’automne se forment de petits groupes (jusqu’à dix individus) et parfois des rassemblements plus importants, qui se dissolvent entre fin février et début mars.

Habituellement, la proportion de mâles correspond à celle des femelles. Certains individus passent toutefois l’hiver en couple, principalement des oiseaux âgés qui préfèrent rester avec leur partenaire.

L’espèce est partiellement présente sur notre commune.

 

Chant et cri

Peu visible à la belle saison, le Bouvreuil pivoine est plus facilement repérable grâce à son chant très simple : un bref sifflement doux et mélancolique, sur une seule note.

 

 

 

Reproduction

Malgré un dimorphisme sexuel prononcé, la parade nuptiale n’incombe pas exclusivement au mâle. La femelle, souvent à l’origine de la formation du couple, répond aux avances du mâle par des mouvements similaires du corps et de la queue.

En période nuptiale, le mâle gonfle la poitrine, sautille autour de la femelle et se balance tout en émettant une série de gloussements et de notes sifflées, grinçantes et flûtées, de basse tonalité.

Avant la construction du nid, il effectue une parade dite « offrande de brindilles » : il saisit une brindille au sol et s’envole pour l’offrir à la femelle. On observe également un « baiser du bec », suivi d’un nourrissage de parade, d’abord symbolique puis effectif. Ces comportements stimulent l’accouplement chez les deux partenaires.

La copulation est régulièrement observée à ces moments-là.

 

Nidification

Un peu plus tard, le mâle tente d’attirer sa partenaire vers un site potentiel de nidification par l’émission de petits cris gutturaux très spécifiques, mais la construction du nid incombe à la femelle. Le mâle l’accompagne toutefois dans ses allées et venues.

Le nid est généralement situé entre 0,50 m et 1,50 m de hauteur, dans un jeune conifère, un genévrier ou un buisson feuillu, mais aussi dans des massifs ornementaux (ifs, cyprès, thuyas) des parcs et jardins.

Très caractéristique, il comprend une coupe interne de fines racines et radicelles, garnie de poils ou de crins de mammifères (chevreuil, lièvre, cheval, lapin…). Un nouveau nid est construit pour chaque ponte.

 

Ponte et couvaison

La femelle pond 4 à 6 œufs bleu clair, faiblement tachetés et vermiculés de brun noir, disposés en couronne sur un fond gris pâle. Elle assure seule la couvaison pendant 12 à 14 jours, ne quittant le nid que brièvement pour se nourrir. Le mâle la suit souvent dans ses déplacements.

L’élevage et le nourrissage des oisillons sont assurés par les deux parents pendant 14 à 16 jours au nid, puis encore 15 à 20 jours après l’envol. La famille reste généralement unie jusqu’à l’automne.

 

 

 

Prédateurs

Le principal prédateur du Bouvreuil pivoine est l’Épervier d’Europe. Les œufs et les oisillons sont convoités par le Geai des chênes, la Corneille noire, la belette, l’hermine et d’autres petits rongeurs.

 

Migration

En Europe centrale, le Bouvreuil pivoine est relativement sédentaire en plaine, mais effectue des déplacements altitudinaux plus ou moins réguliers en montagne, notamment au printemps et à l’automne.

Ces mouvements varient surtout en fonction de la disponibilité des ressources alimentaires. Il est migrateur partiel dans le nord de son aire de répartition.

 

Menaces

Le Bouvreuil pivoine connaît un déclin depuis la fin des années 1970, dû à la perte de son habitat, à l’usage des pesticides et au réchauffement climatique. Il est parfois considéré comme nuisible pour l’agriculture en raison de sa consommation de bourgeons d’arbres fruitiers.

En France, l’espèce est en déclin marqué, notamment à la suite de fortes baisses d’effectifs en 1992 et 2001. La situation française semble plus préoccupante que celle observée à l’échelle européenne.

  

Statut légal et protection

Le Bouvreuil pivoine bénéficie d’une protection totale sur le territoire français depuis l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire.

 

 

 
 
Et pour consulter les anciens articles :

 

La linotte mélodieuse
Le grimpereau des jardins
Le rouge-gorge familier
Le pic épeiche
La troglodyte mignon
La Bouscarle de Cetti
L'alouette
Le pic noir
Le geai des chênes
La fauvette à tête noire
Le grosbec casse-noyaux
Le coucou gris
La chouette hulotte
Le loriot d'Europe
Le rossignol philomèle
La bergéronnette printanière
Le Martin Pêcheur d’Europe
L'hirondelle
La sittelle

 

 

Michel Brugière est né dans un petit village de Touraine au bord de la Loire. Photographe amateur passionné par l’ornithologie depuis son plus jeune âge, retraité depuis 2003, il se consacre pleinement à la photographie de cet univers.

Sa passion naît très jeune : dès l'âge de 14 ans, avec un jouet en bois de sa propre invention imitant un appareil photo "clic clac", il prenait virtuellement en photo les animaux de la ferme de ses parents à Savigny-en-Véron, en Touraine.

Dès lors, il commence à économiser pendant sa formation d'apprenti maréchal-ferrant pour s'acheter son premier appareil photo, un véritable appareil bien loin du jouet en bois !

Le temps passe et sa passion se renforce. Il devient pompier professionnel à Rambouillet; la photographie animalière devient alors pour lui une respiration, un moment pour changer d’air, se ressourcer, et s’imprégner des couleurs et des odeurs du monde vivant.

 

 

"J'adore les milieux sauvages, marais, roselières, forêts, sentiers isolés et parfois les pelouses calcicoles pour photographier quelques orchidées et autres fleurs sauvages. Mon souhait, à travers mes prises de vues, est de partager l'existence des animaux, de souligner la beauté des plumages et de saisir l'instant d'une posture. Ma passion va bien au-delà d'un simple amusement aujourd'hui.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de mes souvenirs de prises de vues et de mes attentes interminables pour capturer l'image parfaite.

Des anecdotes, j'en ai plein ma besace : du martin-pêcheur au tétras lyre, en passant par le guêpier d'Europe et bien d'autres ; des levers à l'aube aux longues heures d'attente, des émotions extraordinaires...

 

Aujourd'hui, pris dans les filets de ma curiosité et de la beauté, je continue d'arpenter les chemins d'Eure-et-Loir et d'autres coins de France et vous propose de voyager avec moi à travers ces chroniques"